Patrick Bruel en interview exclusive backsatge

26 novembre 2013 / Le Mans

psa-bruel-affichePatrick Bruel  à la rencontre de son public au Mans et ça fait 25 ANS que ça dure…
Nous adorons ça et lui aussi.

54 ans et toujours cette envie d’être sur scène, de bouger, d’innover,

Nous sommes dans la salle, les lumières s’éteignent, tout le monde se lève, il arrive avec le rdv qu’on s’était tous donné Au Mans.

La salle est pleine à craquer. Patrick met l’ambiance et la cadence de ses chansons nous emmène dans son univers.

Deux heures de magie, d’osmose avec ce public qui le suit, chante, danse, et qui est ému sur plusieurs de ses chansons.

Et nous tourbillonnons dans la salle sur Mon Amant de St Jean. Patrick se déhanche sur Le café des délices avec une belle surprise et reprise sur cette chanson… La foule est en effervescence.

Nous suivons ses pas de Hip-Hop  sur Maux d’Enfants puis vient Casser la voix et si ce soir j’ai pas envie de rentrer chez moi…

Si ce soir Patrick Bruel a juste envie de faire la fête avec le public du Mans qui le rappelle encore et encore avec des applaudissements qui résonnent au -delà de la salle…
Il reviendra pour le final qui change au gré de ses envies chaque soir.

Les lumières se rallument… Les gens venus l’applaudir comme à chacun de ses concerts quittent la salle avec des étoiles plein les yeux, certains d’avoir partagé avec lui un moment de vie qui restera dans leur mémoire.

Après le concert du Mans Patrick nous reçoit dans sa loge, un peu sonné par un coup qu’il a pris en sortant de scène pendant la chanson Casser la voix. Il a souhaité continuer son concert jusqu’au bout et nous accorde cette interview exclusive pour ROCK&BLUES.

« Nous arrivons dans les coulisses, où règne une ambiance d’après concerts, les techniciens remballant le matériel. C’est impressionnant la vitesse à laquelle ils travaillent pour pouvoir le lendemain être prêts dans une autre ville où Patrick Bruel assurera à nouveau le spectacle… Puis vient le moment de la rencontre. Il nous accueille dans sa loge et se prête très volontiers à notre interview.

Quel est l’endroit idéal pour un concert ?

Pour lui il n’y a pas d’endroit idéal pourvu que ce soit une salle comble – petite ou plus grande –  avec un public qui est là en harmonie, qui chante et évolue avec lui.
Un clin d’œil chaque soir aux 25 ans de complicité entre lui et eux.

Ton public idéal ?

Celui qu’il croise du regard à chaque concert au Mans comme les autres villes et qui lui a donné des moments magiques, instantanés.
Patrick a envie d’applaudir son public. Il n’a jamais envie de quitter la scène.
L’émotion reste intacte depuis ses débuts.
La fin de ses concerts n’est jamais la même : soit il se met au piano, soit il reste debout avec sa guitare en gardant cette envie de faire plaisir à ce public qui le lui rend bien. Il est  ravi de voir que les hommes se déplacent également pour venir l’entendre chanter.

Sur le dernier album quelle chanson as-tu préféré enregistrer ?

Maux d’Enfants, chanson écrite à partir d’une petite dispute avec son fils dans la cour de l école.
Depuis son fils adore cette chanson car toute l’école en parle et au -delà des écoles cette chanson sur un rythme hip- hop traverse les frontières. Il en est très fier. On lui demande s’il a pris des cours de danse pour l’occasion, ça le fait rire.

Également sur l’album la chanson Où es-tu ? Chanson qu’il partage avec son public dans une émotion où toute la salle reprend avec lui le refrain, ce qui donne une puissance supplémentaire à cette chanson  déjà intense.

She’s gone  parce qu’il s’éclate sur scène avec le public ici au Mans comme dans les autres villes…

Ton plus beau souvenir artistique ?

L’opéra de Versailles et le ténor en lui qui a pu s’exprimer. Il a adoré pouvoir vivre ça.
Également la tournée actuelle qui continue en 2014 et qui le ravit.

Ton plus beau souvenir tout court ?

La naissance de mes enfants Léon et Oscar.

Que changerais-tu dans ta vie ?

Le temps qui manque…et qui passe trop vite.

Pourrais-tu arrêter demain?

Non.
J’ai la chance de faire ce que j’aime, chanter, rencontrer mon public, tourner des films  dont le dernier qui va bientôt sortir en salle avec Sophie Marceau.
Définitivement NON il ne s’arrêtera pas.
JJ Goldman l’a fait et il le vit bien. Il se consacre  aux restos et ça l’enthousiasme chaque année.

Pour Patrick Bruel l’heure n’est pas venue, ni demain, ni l’année prochaine et encore moins dans 10 ans.

Quelles sont tes autres activités quand tu n’es pas à Paris ?

La campagne, et fabriquer de l’huile d’olive au soleil …j’adore ça.

Remords ou regrets ?

Remords .Mieux vaut avoir des remords que des regrets.

Un défaut ?

Impatient

Une qualité ?

Généreux, authentique.

Dans la nouvelle génération quels sont les chanteurs que vous appréciez ?

Stromaé qui a un avenir plus que prometteur.
Julien Doré  j’aime beaucoup ce qu’il fait et Lady GaGa.

Votre ex-femme Amanda Sthers a écrit une biographie de Johnny Hallyday ?

Oui et elle s’est fait descendre par la presse. Je ne comprends pas car à ce jour
c’est la plus belle biographie qui ait été écrite sur Johnny (dites-le car je trouve injuste ce qui a été dit sur cette biographie). »Dans mes yeux »Johnny Hallyday & Amanda Sthers. (Edition Plon)

Une chose que tu as toujours avec toi ?

Le bracelet que j’ai au poignet avec le chiffre 14. C’est un cadeau de mon fils.

Tes enfants Léon et Oscar vivent comment le fait que tu sois à la fois Patrick Bruel et leur papa ?

On ne leur a jamais rien caché, Amanda et moi avons été le plus clairs possible sur nos métiers et ça se passe très bien.
Je les ai emmené à l’école ce matin puis j’ai déjeuné avec eux et je suis venu au Mans pour le concert.
Ils sont venus sur la tournée pendant les vacances scolaires et ils ont trouvé ça génial.
J’ai la chance de les avoir avec moi souvent et je m’entends très bien avec leur maman,
ce qui est pour eux un équilibre dans leur vie de tous les jours.

Les duos que tu as préféré enregistrer ?

Plusieurs avec Johnny hallyday dont le Stade de France (souvenir indélébile, merci à Johnny de m’avoir permis de vivre ce magnifique duo).
Puis aussi avec Mauranne et Joe Cocker.

La génération de chanteurs qui te ressemble le plus?

Renaud, JJG (Jean-Jacques Goldman) me semblent proches, je fais parti de cette génération dont les chansons encore aujourd’hui sont reprises par les p’tits nouveaux, ça prouve que leurs chansons restent…Ils nous manquent sur scène ces deux là (à bon entendeur !). Florent Pagny a démarré en même temps que moi, il poursuit sa route et nous restons des amis. Jacques Brel fait parti de ceux qui ne me quittent jamais : JEFF quand je la chante, j’ai toujours peur de ne pas être à la hauteur.

Le poker?

Je ne joue plus, pas le temps…Et il a repris en 2014 avec succès.

Mettre un point final à cet interview semble banal. On met quoi à la place ?

A tout à l’heure…

L’interview prends donc fin.
Patrick Bruel met son blouson en papotant encore un peu avec nous, puis nous raccompagne.
Nous prenons une dernière fois la pause avec lui devant sa loge.
Il est maintenant pressé de rejoindre ses musiciens à l’hôtel car demain l’attend une autre ville, un autre public.
Il nous remercie en nous disant « à bientôt les filles »…et nous embrasse.
Nous saluons le reste de l’équipe et nous quittons le backstage.
Dehors un groupe de fans assez nombreux l’attend.
Nous échangeons quelques mots avec ce groupe jovial et curieux.

Patrick Bruel arrive quelques minutes après en voiture, baisse sa fenêtre, les salue avec un grand sourire.
Tout le monde est heureux de ce moment partagé avec lui et chacun reprend sa route…
Lui vers une autre ville, un autre concert où d’autres l’attendrons pour vivre ou revivre ces moments de scène…
Et nous savons maintenant pourquoi cela dure depuis 25 ans déjà.

Propos recueilli par Valérie.

 

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